L'internet par satellite

le 15.04.2011

                                                                                       L'internet par satellite

L'Internet à haut-débit devient de plus en plus un besoin et même une nécessité avec la démocratisation des WebTV, des « Streaming » de plus en plus gourmands en bande passante, et des sites web toujours plus riches en contenu multimédia.

L'Internet à haut-débit devient de plus en plus un besoin et même une nécessité avec la démocratisation des WebTV, des « Streaming » de plus en plus gourmands en bande passante, et des sites web toujours plus riches en contenu multimédia. Les fichiers à télécharger sont de plus en plus gros et par conséquent, les temps de téléchargement de plus en plus long pour un Internaute connecté avec un modem téléphonique traditionnel. Les citadins des grandes agglomérations bénéficies de L'ADSL et du câble dont le déploiement est accéléré, mais qu'en est-il des zones rurales délaissées par les grands opérateurs télécoms et leurs chances d'obtenir un accès à l'internet rapide ? L'internet par satellite permet-il de pallier ce manque ? La technologie a évolué mais peut-elle de répondre aux besoins des Internautes laissés pour compte sur le bord des autoroutes de l'information ? C'est a ces questions que nous allons tenter de répondre après une présentation des possibilités offertes par la transmission de données par satellite vers un micro-ordinateur...

L'équipement nécessaire
Bien que des expérimentations soient actuellement menées sur la transmissions de données bidirectionnelle entre un PC et un satellite, le matériel le plus fréquemment utilisé dans le cadre d'une utilisation résidentielle reste la carte de réception DVB-MPEG-2 et le modem téléphonique pour la remonté des requêtes vers les serveurs du fournisseur d'accès. Il existe maintenant une large gamme de cartes offrant plus ou moins de fonctionnalité. Certaines d'entre-elles disposant en outre de modules de réceptions TV et radio numériques (voir l'essai de la WinTV DVB-s d'Hauppauge dans le numéro 131 de Télé Satellite et sur ce site). Toutes ont un point commun : la réception de données (DATA). En fonction des modèles, les pilotes fournis par le fabricant prennent en compte la possibilité de détecter une connexion Internet afin d'utiliser la carte pour des services d' « Internet par satellite ». Plus pratique, l'apparition de boîtier USB offrant une plus grande facilité d'installation et ouvrant des possibilités d'utilisation sur ordinateur portable ou sur Macintosh, trop souvent oubliés par les fabricants. L'installation du matériel est souvent un problème majeur : tout le monde n'a pas les connaissances nécessaires pour démonter un ordinateur, y installer une carte, résoudre de possibles conflits matériels et finalement, faire fonctionner l'ensemble des applications. Et l'aide des professionnels de l'informatique est parfois inutile tant ce type de matériel est encore marginals

Le fonctionnement
Le principe de fonctionnement de l'Internet par satellite est simple. A l'inverse de la connexion par modem téléphone standard, vous n'avez qu'un « interlocuteur » : les serveurs proxy de votre fournisseur d'accès situé à la station d'émission (appelée aussi « station d'Uplink »). En effet, là où un internaute utilisant une connexion par modem entrera en contact avec différents serveurs disséminés sur le réseau mondial Internet, un internaute « connecté » par satellite ne communiquera qu'avec un seul serveur qui est chargé de récupérer les demandes de l'abonné et de lui retransmettre le résultat de ses requêtes par la voie des airs. Inconvénient en cas de panne du serveur de la station d'émission : impossible de contacter quelques sites internet que ce soit sans avoir à retourner à une utilisation complète de l'accès Internet terrestreS La fiabilité du matériel du fournisseur d'accès devient alors un élément non négligeable !

Les serveurs proxy
Les serveurs « proxy » sont les serveurs chargés de « surfer » à la place de l'internaute. Ces serveurs, aussi appelés serveurs « Cache », récupèrent les fichiers et données demandées par un abonné. Les données ainsi récoltées sont ensuite transmises à différentes machines dont la tâche est de les encapsuler en DVB-MPEG-2 avec un code d'identification unique afin que seul l'abonné ayant effectué la requête reçoive son fichier. Bien souvent, l'adresse MAC de la carte de réception DVB MPEG-2 est utilisé pour identifier l'abonné (où alors, l'adresse IP de l'abonné au moment où il a effectué sa requête, ces deux informations étant uniques). En fonction du type de serveur proxy utilisé, il est possible d'avoir accès à une partie ou à l'intégralité des possibilités offertes par les divers protocoles de communication sur l'internet (HTTP : navigation sur les sites web, FTP : téléchargement de fichiers sur des serveurs dédiés, SMTP et POP3 pour l'envoi ou la réception de courrier électronique et divers autres protocoles tel l'IRC pour les « chats » en ligne, le NNTP pour l'accès aux serveurs de discussions « Newsgroup », etc...).

 

Le « PUSH »
Autre possibilité intéressante de la réception de données par satellite vers un micro-ordinateur : le PUSH de données. Ce mode de réception de données rejoint complètement l'utilisation d'un satellite de façon « normale ». L'intérêt de l'utilisation d'un satellite est la possibilité de toucher des millions d'utilisateurs (ou spectateurs) en un seul envoi de données. A l'inverse, en utilisation « point à point » (principe de base de l'internet), le service du satellite ne seront utilisés que pour une seule personne isolée. Le mode PUSH peut donc être utilisé pour émettre des données intéressant un large public. On peut donc imaginer l'envoi de centaines de sites Internet vers tous les postes d'un groupe d'abonnés ayant les mêmes centres d'intérêts. Par ailleurs, l'utilisateur n'a plus besoin d'effectuer de requêtes sur les serveurs proxy de son fournisseur d'accès et par conséquent, n'a même plus besoin de se connecter à l'internet pour recevoir des données ! Ce type de transmission est le plus économique pour une société de service utilisant un satellite, mais moins personnalisé pour un internaute qui ne choisira par forcement ce qu'il lui sera envoyés La société Luxsat (www.luxsat.com) s'apprète à lancer un service de PUSH dans le semaines à venir.

Les débits
Sur un satellite, un transpondeur dispose d'une capacité de 34Mb, ce qui correspond à une connexion internet à très haut-débit souvent utilisés par les fournisseurs d'accès Internet terrestre ou de grandes sociétés nécessitant des haut-débits pour l'échange de données entre différents sites éloignés. Cette bande passante est alors partagée par le nombre d'abonnés utilisant simultanément les services de son fournisseur d'accès. En heure de pointe, cette bande passante peut être mise à mal si chaque abonné dispose lui même d'un matériel de réception et d'émission à haut-débit. Dans le cas d'un fournisseur d'accès terrestre (AOL, Club-internet, Free.fr, LibertySurf, Wanadoo, etc...), le modem des utilisateurs ne dépassant pas la vitesse du numéris, cela permet de pouvoir calculer un nombre d'utilisateur maximum en fonction de la bande passante mise à disposition et ainsi calculer le coût du service (cela est une autre histoire dès qu'il s'agît d'utilisateur terrestre connecté par ADSL ou câble !). Avec une carte de réception DVB MPEG-2, la limite est la puissance du micro-ordinateur de l'abonné !

En théorie, une carte de réception de ce type accepte jusqu'à 45Mb par seconde ! Un abonné pourrait alors consommer l'intégralité de la bande passante à lui tout seul... Le fournisseur d'accès limite alors le débit maximum par utilisateur en effectuant différents réglages à la station d'émission. Les débits souvent promis afin de concurrencer le câble ou l'ADSL sont de l'ordre de 400 à 512Kb/s, dans la pratique, c'est souvent moins, d'autant plus qu'il faut tenir compte des aléats de la connexion internet (serveurs saturés, lignes internet engorgées, etc...) Par contre, il est possible de garantir les débits des services de PUSH, la liaison Internet de fournisseur d'accès n'étant pas concernée et il est alors possible d'envoyer des données à des débits de plusieurs megabytes par secondes.

Les offres
Depuis 1999, Europe Online Network, société basée au Luxembourg, propose un abonnement à des services d'accès Internet par satellite mais aussi à un catalogue de contenu multimédia dans lequel les abonnés peuvent commander des vidéo, des logiciels gratuits ou de la musique en mode « PUSH ». Equipé d'un PC, d'une carte de réception DVB MPEG-2 et d'un modem, l'internaute à la possibilité de « surfer » sur le net à des débits variant, suivant le moment de la journée, entre 5ko/s et 30ko/s... Mais où sont les hauts-débits promis par ce type d'accès ? C'est là que le bas blesse... Ayant accepté plus d'abonnés que ne le permet leur équipement, Europe Online se voit réduit à fournir un service à peine plus performant qu'un abonnement traditionnel chez un fournisseur d'accès à l'Internet terrestre ! Et ce, malgré quatre transpondeurs alloués à cette tâche. Dans une interview accordée à l'agence Reuters, Simone Steinmetz, porte-parole d'Europe Online reconnaît que sa société est incapable de satisfaire ses abonnés et déclare abandonner l'Internet par satellite pour se consacrer sur la fourniture de services de « PUSH » de contenu multimédia. Europe Online utilise 4 transpondeurs de la flotte des satellites Astra et dispose du soutien commercial de plusieurs revendeurs européens et de fabricants de matériel de réception. Le prix de l'abonnement mensuel est de 15 euros par mois.

SkyDSL, service de la société Strato AG, propose quant à lui un accès modulable en fonction du type de consommation de l'internaute. Ainsi, un abonné se contentant de quelques heures de « surf » à des débits maximum de l'ordre de 128kb/s (double numéris) s'acquittera d'un prix d'abonnement de 98 FF par mois, alors qu'un « gros consommateur » avide de téléchargement pourra « ouvrir les vannes » du haut-débit (jusqu'à 4Mb/s !) mais devra payer sa consommation en fonction de la vitesse demandée et du volume de données téléchargées. Attention à la facture en cas d'excès de vitesse !

Dans une autre catégorie, Luxsat proposera dès le début de l'année 2001 des services de « PUSH » de contenu multimédia. Equipé d'une LuxSTATION en location ou à l'achat, ce terminal (qui n'est ni plus ni moins qu'un puissant PC à relier sur la télévision) stockera plus de 80 heures de données renouvellées toutes les 24 heures. Le modèle économique de ce service est bien pensé : en s'abonnant, l'utilisateur remplira un formulaire exprimant ses centres d'interets. L'abonné se verra alors proposer du contenu ciblé, en accord avec ses goûts personnel et Luxsat à donc plus de chance de motiver l'achat des produits diffusés. Au programme : films récents (grâce à des accords signés avec Warner, Sony pictures, Paramount, MGM, Fox, Gaumont, etc...), des jeux vidéo (Electonic Arts, Ubi soft, Infogrames, Acclaim sont de la partie), mais aussi du contenu sportif, financier, musical et érotiques. Notons qu'il ne sera pas forcément nécessaire de payer pour regarder ou jouer : l'abonné pourra, à sa demande, se voir proposer de la publicité. En regardant cette publicité et en répondant à des Quizz ou des questionnaires, des « jetons virtuels» seront offerts. Cette monnaie virtuelle pourra être utilisée pour regarder un film, louer un jeu vidéo (pendant plusieurs semaines) ou écouter de la musique. Finalement, il sera aussi possible de commander le produits (DVD du film, le jeu vidéo sur CD-ROM, l'album de musique en CD) avec une réduction en fonction du montant déjà réglé lors de la première utilisation faites sur la LuxSTATIONS Il est important de préciser que malgré la rumeur persistante, Luxsat ne proposera pas d'accès Internet par satellite tel que nous venons de le décrire au début de ce dossier. Néanmoins, un bouquet d'environ 200 sites Web sera transmit en continu pour consultation sur la LuxSTATIONS sans frais de communication téléphonique. Par la suite, Luxsat envisage de laisser ses abonnés choisir les sites qu'ils désirent recevoir en mode « PUSH ».

L'avenir
Des sociétés préparent plus ou moins discrètement des services d'accès Internet par satellite pour le grand public dont les lancements commerciaux sont prévus pour les mois à venir. Mais l'échec de certains pionniers en la matière prouve qu'il n'est pas facile de proposer des services d'accès Internet par satellite en point à point en utilisant une technologie étudiée pour de la diffusion de masse, autrement dit : le multi-point.

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